Toucher trois types de personnes en même temps

Cette année à Pouvoir de Changer, Université Laval, nous essayons de réorienter nos activités dans le but de servir trois publics :

  1. Le Chrétien engagé, qui veut grandir dans sa foi et qui désire, peut-être, à aider ses paires à connaître Jésus,
  2. Le jeune qui a grandi à l’église mais qui se demande si la foi est vraiment pour lui, et
  3. Celui qui n’a jamais connu la foi.

Nous voulons offrir un espace où chacune de ces personnes se sent à l’aise de partager ses questions, ses luttes, ses joies et ses victoires.

Dans toutes nos activités nous nous demandons : comment ce message, cette étude biblique, ce groupe de discussion, ou ce temps social peut-il aider aux trois personnes à se rapprocher de Jésus ?

Nous croyons aussi qu’une seule communauté peut rejoindre tous ces trois publics, parce que les trois ont, au bout du compte, besoin de la même chose. L’apôtre Paul écrit,

« Ainsi la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu. » (Rom 10:17).

Ailleurs, il dit,

« Maris, aimez votre femme comme Christ a aimé l’Église. Il s’est donné lui-même pour elle afin de la conduire à la sainteté après l’avoir purifiée et lavée par l’eau de la parole, » (Eph 5:25-26)

C’est par la parole que Dieu emmène les gens à la foi, et c’est par la même parole qu’il les sanctifie.

Nous pouvons dire que notre deuxième public, le jeune en questionnement, se situe à quelque part entre le croyant convaincu et le non-croyant, mais j’irais même plus loin, jusqu’au point de dire que les barrières à la croyance auxquels tous les trois font face sont pareils : nous baignons tous dans les mêmes eaux culturelles, et les narrations à propos de la vie que nous croyons viennent des mêmes sources. Alors autant que les trois ont besoin des mêmes écritures, les trois ont besoin d’apprendre à réfléchir d’un œil critique à ce que le monde nous dit.

Sur ce sujet, Charles Taylor nous donne l’idée très utile d’un social imaginary :

« non principalement ce que nous pensons, mais ce que nous tenons pour acquis – l’arrière-fond d’intuition que nous présumons lorsque nous “pensons” aux questions de la vie… [des choses] auxquelles la plupart d’entre nous ne prendrions jamais le temps de penser, précisément parce qu’ils sont des concepts que nous tenons pour acquis. » (How (Not) To Be Secular, Reading Charles Taylor par James K. A. Smith, p. 35)

Si nous venons du même contexte culturel, nous portons tous ce même bagage de présuppositions, que nous soyons chrétien, athée, agnostique, ou « spirituel, mais pas religieux ». Alors pour rendre la foi croyable pour tous ces trois personnes, nous devons déconstruire la lentille culturelle par laquelle nous voyons le monde, et à sa place, bâtir une compréhension du monde conforme au monde réel que Dieu a créé. Donc, les trois ont besoin des mêmes choses, et nous pouvons (en général) tous les servir, les trois, en même temps.

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