Le modèle du monde actuel : L'âge de l'authenticité selon Charles Taylor (2e partie)

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Au-delà de sa description générale de l’âge de l’authenticité (rappelons, une époque caractérisé par l’imaginaire sociale de l’individualisme expressif et par un étalage mutuel qui nous permet de faire voire notre identité élu), Taylor offre aussi des éclaircissements de ses effets sur la foi et la spiritualité :

  1. La promesse brillante du prochain nouveau produit, qui offre toujours une plus grande satisfaction, est un genre de « magie plus forte » que la foi, et elle nous mène à délaisser une croyance traditionnelle.

  2. La vie spirituelle à laquelle j’adhère doit être mon choix personnel.

  3. Cette spiritualité doit me parler, personnellement, et m’aider à me développer selon ma propre compréhension du sens et du but.

  4. La spiritualité est une quête individuelle, quelque chose que chacun doit découvrir pour soi-même, sans accepter quoique ce soit comme acquis.

Ces quatre éléments nous donnent et des défis, et des opportunités pour aider nos trois types de personne à connaître Jésus. Chacun mérite un regard approfondi, mais voici quelques réflexions rapides :

  1. Le consumérisme est un mensonge, mais nous avons quelque chose qui tient sa promesse.

    Le prochain gadget ne nous satisfera jamais. Si seulement nous pouvions nous en rendre compte. Mais ne pas écouter les voix du marketing constant n’est pas facile. Le matérialisme, et surtout l’espoir d’une satisfaction basé sur le confort et l’aise d’une stabilité matérielle, est très présente dans la société Nord-américaine, et particulièrement au Québec. L’église n’est pas une exception. Par contre, nous pouvons apprendre à vive une simplicité contre-culturelle, et une satisfaction dans le besoin comme dans l’abondance. Nous pouvons même, par amour, sacrifier de notre abondance les uns pour les autres. Celle-ci est une satisfaction durable, contraire a ce qu’offre le consumérisme. Nous en avons de milliers d’années d’exemples à suivre, des écrits et des récits des gens qui n’ont pas été influencés par nos angles morts culturels. Apprenons des exemples de nos frères et soeurs qui ont connu la joie de Dieu sans l’abondance matériel d’aujourd’hui.

  2. L’idée d’un choix personnel concorde très bien avec un christianisme orthodoxe. Même sans tomber dans le décisionisme, les expressions plus historiques de la foi encouragent un engagement et une responsabilité personnelle.

  3. Similaire au point 2, dans une vrai relation avec Dieu , Il va parler à l’individu. Mais le plan de Dieu est seulement en accord avec ce point à moitié. Nous devons résister à la tentation de nous laisser définir le but de la transformation pour nous-mêmes. L’idée que Dieu sait mieux que nous ce dont nous avons besoin n’est pas facile à avaler, mais comme dans toutes les relations, nous devons nous attendre à ce que Dieu ait de quoi nous dire. Si nous recevons des autres seulement ce que nous voulons entendre, nous resterons solitaires, autant dans le monde spirituel que dans le monde matériel.

  4. Encore, l’idée d’une quête individuelle contient du bon et du mauvais. L’idée d’une quête sous-entend une certaine difficulté, un sentiment que la réponse ne peut pas être facile à trouver. Ceci cause problème dans une société avec une histoire si fortement chrétienne, avec un accès si facile aux églises, à la Bible, et à du bon enseignement sur Dieu.

    Mais existe-t-il des façons de se servir de cette idée pour aider les gens à trouver Dieu? J’ai déjà remarqué (et j’ai entendu des réflexions similaires de plusieurs ouvriers chrétiens) qu’un grand nombre de Québécois qui viennent à la foi passent un bout important de leur cheminement à l’extérieur du Québec. Il y a sûrement plusieurs raisons pour ça, comme un accès plus facile aux communautés de foi authentiques et une interaction avec d’autres façons de voir le monde. Mais je me demande si une de ces raisons, ce ne serait pas reliée à l’idée de quête : la vérité, ça vient d’ailleurs, ça vient de loin. Je dois partir la chercher.

    Comment pouvons-nous travailler avec cette croyance? Est-ce qu’une retraite spirituelle à l’extérieur, ou un genre de voyage missionnaire à l’envers, pourrait aider les gens à connaître Dieu?

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